Sombre est la marche de l’histoire . . .

Une prophétie ancestrale racontait qu’un jour un serpent géant viendrait et engloutirait tout le peuple Surui en dévastant tout sur son passage. En 1968 les Surui ont vu la progression sinueuse de la route BR 364 qui a aboutit au milieu de leur village…

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Les années 70

Le premier contact pacifique des Suruí avec les Blancs date de 1969. A la suite de ce contact, environ la moitié de la population Suruí est décédée, du fait des maladies introduites par les blancs.

Sur une population originale d’environ 5000 personnes, 3 ans plus tard l’ethnie comptait moins de 300 individus.

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Les années 80

Depuis que l’exploitation du bois a commencé en 1987, à l’initiative de blancs qui poussaient les Indiens à cette activité illégale dont ils recueillaient une partie des profits, de graves inégalités socio-économiques, auparavant inconnues, sont apparues.

Les Suruí se sont laissés tenter par cet argent facile, et se sont longtemps fait escroquer sur les prix du bois, ne sachant, à l’époque, ni lire ni compter. L’exploitation a été réalisée par des bûcherons blancs, qui abattaient les arbres puis (sous-) déclaraient les volumes de bois abattus et les payaient aux Suruí, à des prix très inférieurs à ceux du marché.

Parmi les Suruí, très peu de familles ont réellement profité des fruits de ce traffic, souvent rapidement dilapidés dans des dépenses inutiles.

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Les années 90

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L’organisation communautaire Metareila (avec le soutien d’organisations écologistes locales, comme l’Associação Kanindé de Defesa Etno-Ambiental et la Proteção Ambiental Cacoalense (PACA)) a ainsi entrepris en 1988 de mettre fin à l’exploitation illégale du bois sur les terres indigènes. Depuis 15 ans, sous l’impulsion d’une nouvelle génération de leaders tels que Almir Surui, cette lutte contre l’industrie du bois n’a bien sûr pas été simple et a rencontré de nombreuses difficultés, voire a parfois connu des revers. Les habitudes contractées entre temps, les besoins induits, et certaines pressions de l’extérieur firent que la vente de bois reprit.

Avec l’apparition d’inégalités économiques et la proximité de la ville de Cacoal avec ses problèmes sociaux subséquents, une multitude de problèmes sociaux sont apparus.

Cette activité prédatrice est toutefois aujourd’hui en voie d’extinction, les arbres de valeur commerciale ayant presque tous été coupés.

Néanmoins les Surui on réussi à se libérer de la dépendance à l’égard des bûcherons, de retourner à des activités traditionnelles et de tenter de développer de nouvelles activités moins prédatrices (pisciculture, café, artisanat).

Le début du 3e millénaire

Ces dernières années les indiens Surui ont joué dans l’état du Rondonia, un rôle essentiel parmi les organisations indigènes, non seulement sur le plan inter-ethniques, mais aussi pour leur exceptionnel engagement en matière de protection et de préservation de leurs terres indigènes. Ils sont considérés comme pionniers d’une lutte soutenue et efficace contre les invasions et destructions de leur propre territoire. Bien que cette réussite reste fragile et en permanence menacée, les indiens Surui ont réussi à vaincre la déforestation qui est, de nos jours, en très nette régression. Cependant, il n’en reste pas moins que certaines zones ont été profondément affectées, et que de nombreuses zones restent encore à reforester. Nous ne pouvons ignorer que la forêt joue un rôle capital tant sur le plan symbolique, qu’économique et culturel dont dépendent la grande majorité des activités dites traditionnelles. Les indiens Surui se sont, en effet, authentiquement engagés dans un vrai combat pour maintenir la pérénnité de leurs valeurs et traditions tout en s’activant efficacement pour la reforestation de leurs terres ancestrales.

De nombreux villages se sont interposés spontanément au déboisement et nous pouvons admirer notamment l’exceptionnel courage du village de Lapetanha qui, d’emblée, a soutenu notre projet de reforestation.

L’association Aquaverde entend mettre à disposition des indiens Surui les moyens de continuer leur oeuvre afin qu’ils puissent, avec respect et dignité, s’épanouir dans leur environnement et culture ancestrale.

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